La semaine dernière, des acteurs de l’ensemble de la communauté humanitaire se sont réunis à Genève pour le 5e Forum de la coopération internationale. Le thème central de l’événement portait sur les défis et l’avenir de l’aide humanitaire dans un contexte géopolitique en mutation rapide. Pour VSF-Suisse, cet événement a été une précieuse occasion de prendre du recul, de réfléchir ensemble aux développements récents, de valider nos approches et d’examiner collectivement l’évolution du secteur humanitaire.
Les discussions ont mis en évidence la nécessité de s’adapter à un contexte profondément bouleversé. Les réductions de financement, l’intensification des crises et un environnement de plus en plus politisé obligent les organisations humanitaires à repenser leurs structures et leurs modes d’intervention. Le mépris croissant des règles et des principes du droit international a été cité comme un symptôme d’un système sous pression. Dans ce contexte, la question centrale est de savoir comment redéfinir l’aide humanitaire afin qu’elle reste efficace, crédible et ancrée dans les réalités locales, avec les acteurs locaux comme véritables partenaires et co-constructeurs des réponses humanitaires.
Ces réflexions trouvent un écho particulier dans l’approche de VSF-Suisse, qui travaille en étroite collaboration avec les organisations, les communautés et les autorités locales. Le bétail est le pilier des moyens de subsistance dans les régions arides et semi-arides d’Afrique, une région sujette à la fragilité et aux crises. Nous menons des interventions humanitaires préventives et intégrées qui protègent les moyens de subsistance et maintiennent la sécurité alimentaire et nutritionnelle, avant, pendant et après les crises. Grâce à la production locale de fourrage, aux services préventifs de santé animale et à l’aide financière, nous agissons rapidement, protégeons le bétail et prévenons l’effondrement des moyens de subsistance. En outre, pendant une crise, nous distribuons des aliments pour le bétail, fournissons des soins vétérinaires d’urgence et investissons dans le repeuplement et le soutien à la reprise.

Flurina Derungs, notre directrice exécutive, et le Dr Vincent Hug Hug, notre directeur de programme, ont échangé avec Pia Hänni, responsable de la section ONG de la DDC, et divers autres décideurs clés.
Cette approche, fondée sur la collaboration, la confiance et l’autonomisation des acteurs locaux, est plus essentielle que jamais pour l’avenir du secteur de l’aide humanitaire. Notre valeur ajoutée combine une expertise technique en matière de santé animale, une présence et une confiance de longue date, des partenariats solides avec les autorités locales et les communautés, ainsi qu’une capacité opérationnelle éprouvée dans les contextes fragiles et touchés par des conflits.
Le IC Forum a été un espace d’échange riche et stimulant avec d’autres acteurs humanitaires. Le fait de pouvoir dialoguer avec d’autres ONG, institutions et partenaires impliqués dans la coopération internationale, nous rappelle que les défis auxquels nous sommes confrontés sont collectifs. À une époque où l’on peut parfois douter du sens ou de l’impact de nos actions, ces moments de réflexion collectifs renforcent la conviction que l’avenir de l’aide humanitaire se construira grâce à la collaboration, l’écoute et la confiance.
En définitive, l’aide humanitaire traverse une période de profonde transformation. Entre contraintes financières, crises prolongées et rééquilibrage des rapports internationaux, elle doit se redéfinir sans perdre son essence. Pour VSF-Suisse, cela signifie continuer à placer les acteurs locaux au centre, défendre l’impartialité et adapter nos pratiques à des réalités changeantes, tout en restant fidèles à notre mandat.
L’avenir de l’aide humanitaire doit se construire ensemble.

